12 octobre 2009

Dictée Georges Brassens - Le Robert 2009 : le corrigé

« Muses au musée »

Languissamment assis dans un des fauteuils Voltaire dont le directeur avait parsemé le musée et qu’il avait alternés avec des ottomanes acajou, je laissais errer mon regard, grappillant toute émotion furtive des quelques sépias légèrement foncées de lavis aux maries-louises défraîchies aux aquatintes jaunies, lorsque je chus à contrecœur des hauteurs où m’avait conduit ma rêverie éveillée. S’y était immiscé un tintamarre issu d’une scène digne de la commedia dell’arte, jouée par un couple peu apparié, dont le mari, d’allure mastoc et à la canitie précoce, était atteint, me sembla-t-il, de dyskinésie aiguë ou de chikungunya. Sa femme, pâlotte et fiérote, quoi qu’elle fît et quelque melliflues que fussent les paroles qu’elle lui susurrait, restait en butte à ses rebuffades. Quel antidote pouvait-elle trouver à de telles affres ?

J’abandonnai ces palabres déplacé(e)s et, avançant à contre-courant, je passai dans la salle des bouddhas, où trônait un bodhisattva rutilant et où je butai contre mon ami l’annaliste, spécialiste de l’Antiquité, fasciné par une toile représentant des veuves sati qui s’étaient laissé immoler. Les mythes afférents à ces femmes qui s’étaient volontairement laissées mourir étaient empreints d’une symbolique sibylline qui seyait à ce philosophe péripatétique. Il était accompagné de deux muses, dont l’une tenait sous le bras sa mascotte, un chihuahua à poil très ras aux reflets fauves, que je connaissais comme l’une des ayants droit d’un collectionneur de daguerréotypes, dont le fonds s’élevait à quelque deux cent quatre-vingts plaques. Son jeune fils suivait, attifé d’un costume en cheviotte qui aurait eu grand besoin d’être défripé. « Qui eût cru qu’il eût autant crû ! », crus-je bon – pourquoi me demandai-je alors et me demandé-je encore aujourd’hui - de bouffonner. « Ah ! l’amok rit ! », riposta du tac au tac l’une des deux femmes, se ressouvenant de mes origines sikhes, qu’elle confondait avec des malaises. « Vous nous avez manquées de justesse hier soir », la coupa presque illico son amie. J’étais, en effet, arrivé peu après le départ des deux muses à une soirée où une ennéade de sages extravagua sur des questions de morale, des au-delàs possibles et d’eschatologie. Dans le mitan de la nuit, quand nous nous séparâmes, des cirrus lactescents voguaient vers l’obscur empyrée.

Annie LE SAUX

Dictée Georges Brassens - Le Robert 2009 : les résultats

Pour ne pas manquer à son habitude, la dictée Georges Brassens - Le Robert n’a permis a personne de faire 0 faute ! Sous la direction d’Annie LE SAUX, 65 personnes se sont pourtant essayées à l’exercice. Voici les résultats :

1 - DESSOULIERS Philippe (5,5 fautes)
2 - COLLAS Jean (7,5 fautes)
3 - SOULIE Julien (8 fautes)
4 - THEPAUT Anne-Marie
5 - SCHROEDER Jean-Marc
6 - KLAJMAN Thierry
7 - MOINARD Géraldine
8 - MENERAT Philippe
9 - GUEUDIN Jean-Marc
10 - TISSIER Yves

Suite : Résultats Dictée Brassens 2009.xls

08 septembre 2009

Dictée Georges Brassens - Le Robert 2009 : inscrivez-vous !

Dictée Brassens 2009.JPGL’édition 2009 de la Dictée Georges Brassens - Le Robert se tiendra à 10h15 le samedi 10 octobre prochain.

RDV au Théâtre des Marionnettes, Parc Georges Brassens (75015 Paris)

Inscription (bulletin à télécharger) : Dictée Brassens 2009.pdf

Remise des prix : dimanche 11 octobre, à 14h30

27 octobre 2008

« Point à la ligne » : les 15 dictées du 15ème

Vous souhaitez vous procurer le fascicule « Point à la ligne », regroupant les 15 dictées faites à l’occasion des 15 Journées Georges Brassens ? Rien de plus simple : envoyez-nous un mail sur ace15eme@gmail.com, ou envoyez directement par courrier un chèque de 14€ (fascicule + frais de port) à l'ordre d'ACE15, à la trésorière de l'association :

 

Melle Sophie LEPAGE, Association ACE15
112, rue Falguière - 75015 Paris

Dictée Brassens 2008 : combien auriez-vous fait de fautes...?

Dictée Georges Brassens – Le Robert 2008 : « Art gothique non argotique »

 

Des moines, la mine falote accentuée par des cheveux coupés court, franchissaient un portique qui évoquait les propylées effilés des temples grecs, s’avançant telle une colonne de fourmis noires zigzagante vers les stalles, qu’ils avaient emplies, Pâques venu et les octaves écoulées, de matines à complies. Au sud et à l’ouest, rythmés par de puissants contreforts et contre-murs, les six styles des péristyles systyles et les arcs-boutants (arcboutants) collatéraux laissaient transparaître les efforts que leur construction avait coûtés et la somme qu’elle avait valu. Les tores avaient dû être redressés à maintes reprises et les vaux tors de la ferme restaurés. Frères convers et marguilliers, un brin cyclothymiques, s’étaient d’abord défiés de l’édification d’hypogées surannés, puis s’étaient laissé séduire par les écots bien sonnants dont les échos s’étaient répercutés jusqu’aux doyennés les plus éloignés.

 

La sacristie abritait une fresque polychrome aux chauds tons ocre, brun foncé et pourpres. C’était un des artistes locaux les plus connus que les cénobites avaient choisi pour la réaliser. Mis à part les couleurs évanescentes des sfumatos, poignaient des fleurs d’acanthe en agate et porphyre qui exhaussaient l’éclat du tableau.

 

Plusieurs planches présentées comme des hors-texte en couleur(s) et tirées comme tels avaient été imprimées. On pouvait y contempler un salon parqueté en marqueterie, où des dames d’atour en robes bleu ciel entouraient, telles des pietà, toutes hiératiques, toutes craintives et tout humbles à la fois, leur reine qui, en tenue de brocart rehaussée d’une collerette de valenciennes, se contemplait dans une psyché posée entre l’écritoire parée de laques noircis de Chine et deux pendules rococo. Dans un fauteuil de soie brodée de l’aigle éployée, aux accotoirs ornés de blasons dont les besants d’or valaient leur renom, flatté par tous ceux qu’il avait faits grands et dont la gloire que cet acte leur avait value avait ennobli l’expression, et par ceux qu’il n’avait pas encore anoblis et qui comparaissaient devant lui en suppliants, le souverain rayonnait en plein apogée de son règne.

 

Annie LE SAUX