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27 octobre 2008
Dictée Brassens 2008 : combien auriez-vous fait de fautes...?
Dictée Georges Brassens – Le Robert 2008 : « Art gothique non argotique »
Des moines, la mine falote accentuée par des cheveux coupés court, franchissaient un portique qui évoquait les propylées effilés des temples grecs, s’avançant telle une colonne de fourmis noires zigzagante vers les stalles, qu’ils avaient emplies, Pâques venu et les octaves écoulées, de matines à complies. Au sud et à l’ouest, rythmés par de puissants contreforts et contre-murs, les six styles des péristyles systyles et les arcs-boutants (arcboutants) collatéraux laissaient transparaître les efforts que leur construction avait coûtés et la somme qu’elle avait valu. Les tores avaient dû être redressés à maintes reprises et les vaux tors de la ferme restaurés. Frères convers et marguilliers, un brin cyclothymiques, s’étaient d’abord défiés de l’édification d’hypogées surannés, puis s’étaient laissé séduire par les écots bien sonnants dont les échos s’étaient répercutés jusqu’aux doyennés les plus éloignés.
La sacristie abritait une fresque polychrome aux chauds tons ocre, brun foncé et pourpres. C’était un des artistes locaux les plus connus que les cénobites avaient choisi pour la réaliser. Mis à part les couleurs évanescentes des sfumatos, poignaient des fleurs d’acanthe en agate et porphyre qui exhaussaient l’éclat du tableau.
Plusieurs planches présentées comme des hors-texte en couleur(s) et tirées comme tels avaient été imprimées. On pouvait y contempler un salon parqueté en marqueterie, où des dames d’atour en robes bleu ciel entouraient, telles des pietà, toutes hiératiques, toutes craintives et tout humbles à la fois, leur reine qui, en tenue de brocart rehaussée d’une collerette de valenciennes, se contemplait dans une psyché posée entre l’écritoire parée de laques noircis de Chine et deux pendules rococo. Dans un fauteuil de soie brodée de l’aigle éployée, aux accotoirs ornés de blasons dont les besants d’or valaient leur renom, flatté par tous ceux qu’il avait faits grands et dont la gloire que cet acte leur avait value avait ennobli l’expression, et par ceux qu’il n’avait pas encore anoblis et qui comparaissaient devant lui en suppliants, le souverain rayonnait en plein apogée de son règne.
Annie LE SAUX
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